Surfshark One : le bloqueur qui vous laisse choisir vos exceptions
La semaine dernière, un client m’appelle. Panique totale. Son fils de 14 ans avait trouvé comment contourner le blocage DNS que j’avais mis en place sur la box. Classique. Sauf que là, le gamin avait juste installé Surfshark One sur son PC perso, et le blocage sautait par-dessus celui du routeur. Ironie de l’histoire : le VPN qu’il utilisait pour « protéger sa vie privée » était aussi celui qui ouvrait les vannes sur tout le reste. Du coup, quand j’ai vu que Surfshark venait d’ajouter une liste blanche à son bloqueur de contenu, j’ai levé un sourcil. Pas parce que c’est révolutionnaire. Parce que c’est enfin logique.
Autant dire que ça fait des années que je râle contre les bloqueurs tout-noirs qui coupent tout, y compris ce dont tu as besoin. Un site de paris qu’on veut autoriser pour la belle-mère ? Bloqué. Une plateforme de jeux en ligne pour le petit ? Bloquée. Un forum sur les armes pour un collectionneur licencié ? Bloqué aussi. Ces outils fonctionnent au bulldozer. Surfshark One, mine de rien, essaie de passer à la truelle.
Surfshark One : comment ça marche concrètement cette histoire de liste blanche
Le principe est simple, et c’est ce qui me plaît. Dans les Paramètres de Surfshark One, tu vas dans Bloqueur de contenu web, puis dans un onglet Sites Autorisés. Là, tu ajoutes les domaines que tu veux voir passer malgré les filtres actifs. Jeux d’argent ? Bloqué par catégorie, mais casino-du-coin.fr reste accessible si tu le mets en exception. Pornographie ? Filtre activé, sauf pour un site précis que tu juges légitime (on ne juge pas, chacun son truc). Armes, malwares, contenus violents : pareil, tu bloques la catégorie, tu ouvres les exceptions une par une.
Pour être honnête, ça ressemble furieusement à ce que font les pare-feux d’entreprise depuis 20 ans. Sauf que là, c’est dans un outil grand public, intégré à un VPN, et accessible en trois clics. Mais il y a un os. Un gros. La fonction n’existe que sous Windows. Évidemment. Windows a encore frappé.
Je ne suis pas certain à 100% du pourquoi technique côté Surfshark, mais d’après mon expérience en atelier, je parie sur une intégration qui passe par le pilote réseau de Windows, là où macOS et Linux exigeraient un boulot supplémentaire que la boîte n’a pas voulu financer tout de suite. Sur Mac, tu repasseras. Sur Linux, tu peux toujours rêver. Sur Android et iOS, rien non plus pour l’instant. Autant dire que la moitié de mes clients qui tournent sous macOS vont faire la gueule.
Une anecdote qui résume tout
Il y a deux ans, une cliente prof libérale m’appelle. Elle avait activé le blocage « contenus pour adultes » pour protéger ses gosses, sauf que le blocage avait aussi coupé l’accès à un site de vulgarisation médicale qui parlait d’anatomie. Résultat : son fils ne pouvait plus réviser son cours de SVT. J’ai passé 40 minutes au téléphone à expliquer qu’il fallait désactiver le filtre ou changer de fournisseur DNS. Avec une liste blanche, j’aurais réglé ça en 30 secondes. Voilà pourquoi cette fonction compte, même si elle paraît banale.
Ce que Surfshark One fait mieux que les autres (et ce qu’il rate)
Prenons un peu de recul. Les bloqueurs de contenu, j’en ai installé des dizaines. Pi-hole, AdGuard Home, NextDNS, les filtres intégrés aux routeurs Asus ou Synology. Chacun a ses forces. NextDNS reste mon chouchou pour la finesse des règles. Pi-hole pour le contrôle total en local. Mais pour un particulier qui veut juste un truc qui marche sans se prendre la tête, Surfshark One coche pas mal de cases : VPN + antivirus + bloqueur + alertes de fuite de données, dans une seule interface.
La liste blanche comble un manque évident. Mais je vais être franc : c’est une fonction que Surfshark aurait dû sortir il y a trois ans. Les concurrents comme NordVPN ou ProtonVPN ont des options de filtrage avancées depuis un moment. Surfshark rattrape son retard, pas plus. Et le limiter à Windows, c’est une décision que je ne comprends pas. Surtout quand on sait que la clientèle Surfshark est très mobile, très Mac, très « je voyage avec mon laptop ».
- Points forts : simplicité, intégration au VPN, exceptions par domaine, aucune config réseau à toucher
- Points faibles : Windows uniquement, pas d’import/export de liste, pas de synchronisation entre appareils
- À surveiller : est-ce que Surfshark va étendre la fonction à macOS et aux mobiles dans les mois qui viennent ?
Mine de rien, ce dernier point est crucial. Parce qu’une liste blanche qui ne vit que sur un seul PC, c’est une liste blanche qu’il faut refaire à la main sur chaque machine. Autant dire que pour une famille avec trois ordis et deux téléphones, c’est la corvée. J’ai connu des outils de contrôle parental mieux pensés, avec un compte central et une sync automatique. Là, on est sur du bricolage acceptable, pas sur du produit fini.
Faut-il activer cette liste blanche dans Surfshark One ? Mon avis tranché
Oui, si tu es sous Windows et que tu utilises déjà Surfshark One. Non, si tu espères une solution universelle. Ce n’est pas un outil de contrôle parental sérieux, ce n’est pas un remplacement de NextDNS, et ce n’est pas non plus une solution pour une petite entreprise. C’est un bonus. Un bonus utile, mais un bonus.
Ce qui m’agace, c’est la communication autour de la fonction. On te vend « bloquez ce que vous voulez, autorisez ce que vous voulez » comme si c’était une révolution. Sauf que dans les faits, tu ne peux pas créer de catégories personnalisées. Tu ne peux pas importer une liste de 200 domaines depuis un fichier CSV. Tu ne peux pas planifier des plages horaires différentes. Bref, tu es dans un couloir étroit. Ça dépanne, ça ne libère pas.
Pour être honnête, je pense que Surfshark vise surtout les utilisateurs qui ne veulent pas se prendre la tête. Ceux qui activent un filtre « contenus sensibles » pour la forme, et qui veulent juste pouvoir débloquer un site de temps en temps sans tout désactiver. Pour ce public, c’est parfait. Pour les techniciens comme moi, c’est une fonction qu’on utilisera une fois par mois, pas plus.
Comment je l’utilise en atelier
Quand je prépare un PC pour un client avec enfants, je mets Surfshark One si le client a déjà un abonnement. J’active le blocage des catégories sensibles, puis j’ajoute en liste blanche les sites scolaires, la plateforme de la médiathèque, et le site du club de sport. Ça évite les appels du dimanche soir parce que « le site de la piscine est bloqué, on peut pas réserver les cours ». Vous rigolez, mais ça m’est arrivé trois fois en un an. Trois fois.
Le vrai problème, c’est que cette fonction arrive dans un contexte où les bloqueurs DNS sont de plus en plus contestés. Les FAI français ont l’obligation de bloquer certains sites, les navigateurs intègrent leurs propres filtres, et les utilisateurs commencent à saturer. Ajouter une couche Surfshark One par-dessus, ça peut vite devenir un millefeuille indigeste. Du coup, la question n’est pas tant « est-ce que la fonction est bonne » que « est-ce qu’on a vraiment besoin d’une couche de plus ».
Surfshark One et l’avenir du filtrage grand public
Je parie que dans six mois, Surfshark annoncera la même fonction sur macOS et Android. Ce serait logique. En attendant, si tu es sous Windows et que tu veux tester, vas-y. C’est gratuit dans ton abonnement, ça ne casse rien, et ça peut te sauver la mise. Si tu es sur Mac, patiente. Si tu es sur Linux, installe Pi-hole, tu auras plus de contrôle en une soirée que Surfshark n’en offrira jamais.
Une dernière chose. Les bloqueurs, c’est bien. Mais rien ne remplace une conversation avec les gamins sur ce qu’ils font en ligne. J’ai vu trop de parents déléguer ça à un logiciel, puis s’étonner que le môme contourne tout en cinq minutes. Surfshark One, comme tous les autres, ne remplacera jamais un peu de présence. Ça, c’est mon avis de technicien qui a vu passer pas mal de drames familiaux pour des histoires de sites bloqués ou pas.
Pour creuser le sujet et voir la source originale de cette nouveauté, direction l’article de Korben : Surfshark One bloque les sites pourris, mais vous choisissez lesquels vous laissez passer.
Source : article original