Chargeur UGREEN 160W : quand le gadget devient enfin utile
J’ai vu passer tellement de chargeurs « révolutionnaires » ces dix dernières années que j’ai fini par devenir allergique au mot innovation dans les fiches produit. Alors quand on m’a parlé du chargeur UGREEN 160W avec son câble rétractable et son petit écran couleur, j’ai soupiré. Encore un truc pour frimer sur un bureau de télétravailleur. Sauf que la semaine dernière, un client m’a appelé parce que son dock USB-C faisait des siennes, et en attendant de trouver le coupable, je me suis penché sur ce Nexode Pro. Verdict mitigé mais pas du tout négatif, accrochez-vous.
Autant dire que je ne suis pas du genre à m’extasier devant un bloc de GaN. Mais là, mine de rien, il y a deux ou trois choses qui méritent qu’on s’y attarde. Et pas seulement parce que Korben en a parlé.
Un chargeur UGREEN 160W qui cache bien son jeu
À première vue, on a affaire à un gros pavé noir, un peu plus massif que la moyenne des chargeurs 100W que je croise en atelier. Rien de fou. Et puis on tire sur le petit ergot et un câble USB-C de 70 cm sort de la carcasse. Rétractable, donc. Capable de faire passer jusqu’à 140 W sur un seul appareil, ce qui n’est pas anodin quand on sait qu’un MacBook Pro 16 pouces réclame à peu près ça pour charger à pleine vitesse.
Le reste du bloc, c’est du nitrure de gallium, ou GaN pour les intimes. Pour faire simple : ça chauffe moins, ça prend moins de place, ça convertit mieux. Ce n’est pas magique, c’est de la physique de semi-conducteurs. Mais le résultat est là : quatre ports (trois USB-C et un USB-A, de mémoire), et une répartition intelligente de la puissance selon ce que vous branchez. Autant dire que sur le papier, c’est du solide.
Le petit écran couleur, lui, affiche la puissance instantanée, la tension et la température par port. Mon premier réflexe a été de me dire « gadget ». Mon second, après avoir testé : « ok, c’est pratique quand un appareil ne charge pas et qu’on veut savoir s’il tire vraiment du courant ». Je ne suis pas certain à 100% que ça serve tous les jours, mais dans mon usage de technicien, ça m’a déjà évité de sortir un testeur USB.
Ce que ça donne en vrai sur mon établi
J’ai branché le bazar sur quatre appareils en simultané : un laptop pro, un smartphone, une tablette et un casque Bluetooth. Résultat des courses, pas de surchauffe constatée en surface après une heure de charge. Le bloc reste tiède, ce qui est cohérent avec le GaN. L’écran m’indiquait une répartition qui bougeait en fonction de la demande, et c’est là que c’est intéressant : le chargeur redistribue la puissance au lieu de la figer bêtement.
Le câble rétractable, en revanche, c’est le point qui me fait tiquer. 70 cm, c’est court. Sur un bureau, ça va. Sur une table de salon où la prise est derrière le canapé, vous allez tirer dessus comme un sagouin et le mécanisme d’enroulement va prendre cher à la longue. J’ai démonté assez de rétractables dans ma carrière pour savoir que ce sont les premiers à rendre l’âme, souvent à cause d’un ressort fatigué ou d’un contact qui s’oxyde.
- Quatre ports : utile pour un foyer ou un petit bureau
- Câble intégré de 70 cm : pratique mais fragile sur le long terme
- Écran couleur : vrai plus pour diagnostiquer un appareil qui ne charge pas
- GaN : chauffe raisonnable, encombrement contenu
Du coup, l’histoire de la digression : la semaine dernière, justement, un client m’appelle parce que son laptop ne chargeait plus correctement. Il avait acheté un chargeur 65W générique, le genre qui promet monts et merveilles. En deux minutes avec un chargeur correct, j’ai vu que le problème venait du câble fourni, pas de la brique. Un chargeur avec écran comme celui-là m’aurait fait gagner dix minutes. Voilà pourquoi je finis par trouver ce petit afficheur moins futile qu’il n’y paraît.
Le prix, ce nerf de la guerre
Lancé à 130 euros, le chargeur UGREEN 160W tourne aujourd’hui autour de 100 euros selon les promos. C’est cher. Très cher, même, pour un chargeur. Mais il faut comparer ce qui est comparable : un 140W Apple, c’est 100 euros sans câble, sans écran et avec un seul port. Un Anker 140W avec écran, on est dans les mêmes eaux. Donc la concurrence est alignée, et UGREEN ne se mouche pas du coude sans raison.
Ma position est tranchée : pour un particulier qui a un seul appareil à charger, c’est du gaspillage. Pour un technicien, un freelance ou une famille avec plusieurs machines, c’est rentable sur la durée. Mine de rien, remplacer trois chargeurs par un seul bloc qui fait tout, ça libère de la place et ça évite de se battre pour la prise derrière le canapé.
Pour être honnête, je reste sceptique sur la durée de vie du câble rétractable. Je ne suis pas certain à 100%, mais d’après mon expérience en atelier, ce genre de mécanisme tient rarement plus de deux ou trois ans en usage intensif. À bon entendeur.
Faut-il l’acheter ou passer son chemin ?
Si vous cherchez un chargeur pour un seul téléphone, fermez cette page et allez acheter un 30W à 15 euros. Sérieusement. Si vous êtes le genre à avoir trois câbles qui pendouillent sur votre bureau et un laptop qui tire la tronche dès que vous branchez un disque dur externe, alors oui, ce chargeur UGREEN 160W a du sens. Le câble intégré évite d’en perdre un, l’écran aide à comprendre ce qui se passe, et la puissance est au rendez-vous.
Ce que je reprocherais, c’est surtout le marketing autour du « tout en un ». Un câble rétractable, ce n’est pas une innovation, c’est un compromis. Un écran, ce n’est pas un argument de vente, c’est un outil de diagnostic. UGREEN le vend comme un bijou technologique, alors que c’est surtout un très bon outil de travail. C’est comme vendre un tournevis électrique en insistant sur la couleur de la LED. Ça n’a rien à voir avec l’essentiel.
- À acheter si vous avez plusieurs appareils USB-C à charger
- À éviter si vous cherchez du pas cher pour un seul téléphone
- Le câble rétractable : point faible probable à long terme
- L’écran : plus utile qu’il n’y paraît, surtout en dépannage
Ce que j’en retiens, et le lien qui va bien
Je ne vais pas vous faire un résumé de cours, ce n’est pas mon genre. Disons simplement que ce chargeur UGREEN 160W est le premier bloc multiport que je trouve légitime à poser sur mon établi, parce qu’il combine puissance réelle, diagnostic visuel et encombrement maîtrisé. Le câble rétractable, je le surveille du coin de l’œil, mais pour l’instant il fait le job. Du coup, si vous voulez lire un test plus complet et voir les photos du bazar, je vous renvoie vers la source originale, qui a fait le boulot avant moi : le test du chargeur UGREEN 160W sur Korben. Et si jamais vous en achetez un et que le câble claque au bout d’un an, vous saurez où me trouver.
Source : article original