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Taxe au gigaoctet adoptée : le prix du streaming va exploser

31 Oct 2026 •

Taxe au gigaoctet adoptée : le prix du streaming va exploser

La taxe au gigaoctet vient de passer à l’Assemblée. À une voix près. Trente-cinq députés dans l’hémicycle, deux avis défavorables, et voilà comment on décide de taxer les tuyaux d’Internet en France. Autant dire que je rigole jaune. La semaine dernière, un client m’appelle parce que sa box rame pendant les matchs de son fils. Je lui explique que le problème, c’est le Wi-Fi du salon. Ce soir-là, je tombe sur cette news. Le même soir. La coïncidence m’a fait sourire, puis franchement moins.

Je suis Marc. Technicien indépendant depuis quinze ans, fondateur de total-depannage.com. J’ai vu passer des réformes numériques, des lois bidons et des promesses de simplification. Mais celle-là, elle a un goût particulier. Parce que sous couvert de faire payer les « géants du numérique », c’est bien le particulier qui va trinquer. Comme d’habitude. Et pendant que les députés votent à une voix près, moi je répare des PC dont les propriétaires n’ont déjà pas les moyens de payer leur fibre correctement.

Taxe au gigaoctet : 10 milliards par an sur le dos de qui, exactement ?

Le chiffre annoncé fait tourner la tête. Dix milliards d’euros par an de rendement. Sur le papier, c’est propre, c’est net, ça remplit les caisses. Sauf qu’un rendement, ça ne sort pas du chapeau d’un magicien. Ça sort de la poche de quelqu’un. Et ce quelqu’un, d’après mon expérience de terrain, ce n’est jamais le géant américain qui va trouver une niche fiscale dans les trois semaines.

Netflix, Disney+, Amazon Prime, Spotify, YouTube. Tous ces services vont répercuter la taxe. Forcément. Une entreprise ne paie pas une taxe sur son chiffre d’affaires sans la répercuter sur son abonnement. C’est mécanique. Du coup, l’abonnement à 13,99 euros passe à 15,99. Puis 17,99. Et le client final, celui qui m’appelle parce que son fils a cliqué sur un lien chelou, il paie. Lui. Pas le siège à Los Gatos.

Pour être honnête, je ne suis pas certain à 100% que la taxe soit intégralement répercutée. Mais d’après ce que j’ai vu sur quinze ans de factures clients et de prestataires qui se renvoient la balle, la règle est simple : une taxe nouvelle sur un acteur intermédiaire finit toujours sur le dernier de la chaîne. Toujours. C’est le principe du ruissellement, version fiscale. Sauf que ça ruisselle vers le bas, pas vers le haut.

Le streaming n’est pas le problème, la vraie facture est ailleurs

Il y a un truc qui m’agace profondément dans ce débat. On nous vend la taxe au gigaoctet comme une réponse à l’explosion du streaming vidéo. Sauf que le streaming, mine de rien, c’est une consommation que le particulier choisit. Il choisit de regarder une série en 4K. Il choisit de payer son abonnement. Alors que le vrai problème de bande passante en France, celui qui me casse les pieds en atelier depuis des années, c’est un autre.

La semaine dernière, encore un exemple. Un client dans une zone pavillonnaire de la périphérie nantaise. Fibre installée, mais débit catastrophique. Pourquoi ? Parce que son logement est raccordé en bout de chaîne sur un point de mutualisation saturé. Il paie plein pot. Il ne stream pas en 4K. Il regarde la télé en HD et il rame. La taxe au gigaoctet ne réglera pas ça. Pas un centime n’ira dans le réseau cuivre ou dans les armoires de rue. Le rendement fiscal, il part dans le budget général. Point.

  • Les abonnements streaming vont augmenter de 10 à 20% selon les opérateurs
  • Les forfaits mobiles avec data illimitée devraient suivre la même pente
  • Les petites structures (associations, écoles, TPE) qui streament pour former leurs équipes vont être touchées de plein fouet
  • Les particuliers en zone rurale, déjà mal desservis, paieront le même prix pour un service dégradé

Autant dire que la promesse du « pollueur-payeur numérique » m’a fait sourire. Le pollueur, dans cette histoire, c’est celui qui consomme. Pas celui qui produit. Et je ne suis pas sûr que ce soit le bon angle d’attaque.

Une adoption à une voix : la démocratie du mardi soir

Deux avis défavorables. Trente-cinq députés présents. Une voix d’écart. Voilà comment on engage plusieurs milliards d’euros de pouvoir d’achat sur un coin de table un après-midi de semaine. Je ne suis pas expert en procédure parlementaire, mais du haut de mon atelier, ça me donne l’impression d’une décision prise à l’arrache. Sans vraie étude d’impact sur les ménages. Sans vraie consultation des acteurs du secteur.

Et je vois déjà les experts en plateau télé nous expliquer que c’est une mesure de justice fiscale. Que les géants ne paient pas assez. Sauf que dans les faits, ce n’est pas le géant qui va payer. C’est le Français moyen qui a un abonnement Netflix et un abonnement Spotify. C’est le petit libraire qui écoute de la musique en fond dans sa boutique. C’est la maison de retraite qui diffuse des séances de gymnastique douce sur une télé connectée. Tout ça, ce sont des « gigaoctets consommés ». Et tout ça, ce sera taxé.

Je me souviens d’un épisode similaire, il y a quelques années, sur la redevance copie privée appliquée aux disques durs et aux smartphones. Les fabricants avaient intégré la taxe dans le prix de vente. Le consommateur avait payé. Personne n’a rien vu. Aujourd’hui, c’est la même mécanique, mais avec un zéro de plus. Et là, ça va se voir sur les factures. Crois-moi, ça va se voir.

Ce que ça change concrètement pour mon atelier et pour toi

Dans mon quotidien, cette taxe va changer deux choses. La première, c’est le discours des clients. Déjà qu’ils râlent quand je leur annonce 80 euros pour un dépannage, je te laisse imaginer quand ils verront leur abonnement streaming passer de 14 à 17 euros. Ils vont venir me voir en pensant que c’est leur box qui bug. Ils vont me demander de « trouver le réglage qui baisse la facture ». Et je vais devoir leur expliquer que non, mon ami, ce n’est pas un réglage. C’est une loi. On est loin du SAV classique.

La deuxième chose, plus insidieuse, c’est la tentation du contournement. Les gens vont chercher des abonnements partagés, des VPN, des services étrangers qui échappent à la taxe française. Et là, je préfère te prévenir : 80% des « astuces » qu’on trouve sur les forums pour contourner ça finissent avec une carte bancaire compromise ou un PC infecté. J’en vois passer toutes les semaines. Des gens qui ont « juste » voulu économiser trois euros et qui finissent avec un ransomware sur le disque dur familial.

  • Vérifie le libellé de tes prélèvements avant de paniquer sur ta box
  • Méfie-toi des « offres streaming pas chères » qui te demandent tes identifiants bancaires sur un site douteux
  • Si ton opérateur t’annonce une hausse, lis les petites lignes avant de résilier
  • Un abonnement partagé mal sécurisé, c’est un compte compromis garanti

Mine de rien, cette taxe va créer un marché parallèle. Et un marché parallèle, en informatique, c’est jamais bon signe. C’est même souvent le début des ennuis. Les escrocs adorent ce genre de contexte : une hausse de prix officielle, une promesse d’alternative pas chère, et hop, une belle arnaque par phishing. Je te parie qu’on va en voir fleurir dès le premier trimestre après l’application.

Mon avis tranché : une taxe qui ne résout rien et qui va tout compliquer

Je vais être direct. Cette taxe au gigaoctet, je la trouve mal foutue. Pas parce que je suis contre l’idée de faire contribuer les géants. Sur le principe, pourquoi pas. Mais parce qu’une taxe sur la consommation de données, c’est une taxe sur un usage, pas sur un acteur. C’est une différence fondamentale. Et tant que ce sera présenté comme une mesure anti-GAFAM, il y aura un décalage entre le discours et la réalité de la facture.

Le vrai problème, il est structurel. Le réseau français a besoin d’investissements massifs. Les zones blanches, les armoires saturées, la fibre mal déployée, tout ça demande des milliards. Pas dix milliards récupérés par-ci par-là en taxant Netflix. Mais un vrai plan d’investissement, avec des objectifs clairs et un calendrier. Sauf que ce plan, personne ne le propose. Du coup, on tape sur les tuyaux. C’est plus simple. Et ça fait une belle annonce à une voix près.

Pour être honnête, je ne suis pas certain que la taxe soit un jour appliquée telle quelle. Il y a encore le Sénat, il y a des recours possibles, il y a des négociations européennes. Mais une chose est sûre : le signal est envoyé. Et le signal, en informatique comme en fiscalité, c’est ce qui compte. Les opérateurs ont déjà commencé à réviser leurs grilles tarifaires à la hausse. Discrètement. Dans les petites lignes. Comme pour la hausse du prix de la baguette, sauf que là, c’est ton abonnement qui trinque.

Un dernier conseil de technicien, pas de fiscaliste. Profite de ta fibre et de ton streaming tant que les prix sont encore raisonnables. Vérifie tes abonnements, supprime ceux que tu n’utilises pas. Et si tu vois une facture augmenter sans explication claire, appelle ton opérateur avant de résilier. De mon côté, je continue à réparer des PC. Le bug de Windows, lui, au moins, il est réparable. Une loi fiscale, beaucoup moins.

Source : 01net.com — La taxe au gigaoctet prend sa revanche à l’Assemblée

Source : article original

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