Ported2Browser : quand 210 jeux navigateur débarquent dans ton onglet
J’ai vu ce genre de projet passer des dizaines de fois en quinze ans. Un annuaire de jeux navigateur qui promet la lune, tu cliques, et là… rien. Écran noir. Ou pire, un plugin Flash mort depuis 2020. Sauf que Ported2Browser, découvert via le flux de Korben, ne m’a pas fait cet effet-là. J’ai lancé AssaultCube dans un onglet Firefox entre deux interventions chez un client à Saint-Étienne, et ça a démarré. Pour de vrai. Mine de rien, c’est rare.
Le principe est bête comme chou : 210 titres jouables directement dans le navigateur, sans installation, sans launcher pourri qui te bouffe 40 Go de SSD. Du coup j’ai creusé, parce que ce genre d’outil, soit c’est du génie, soit c’est un nid à malware déguisé en borne d’arcade.
Ce que Ported2Browser propose vraiment aux joueurs pressés
Le catalogue annonce 210 jeux. J’en ai testé une quinzaine, pas plus, parce que j’avais un disque à cloner et un client qui attendait son PC réparé. Les deux têtes d’affiche, ce sont AssaultCube et DOOM. Le premier est un FPS libre bien connu des Linuxiens fauchés, le second, tout le monde connaît. Les deux se lancent proprement, le son sort, le clavier répond. Autant dire que je m’attendais à un crash au premier tir. Pas eu.
Après, faut être honnête deux secondes. La liste mélange allègrement du libre, du freeware, du vieux abandonware et — c’est là que ça coince — des trucs estampillés « commercial ». Je ne suis pas certain à 100% que tous les jeux listés soient réellement tombés dans le domaine public, mais d’après mon expérience en atelier, quand un annuaire affiche des titres qui se vendaient encore en boîte il y a dix ans, il y a souvent anguille sous roche juridique. Ce n’est pas mon boulot de faire la police du copyright, cela dit. Mon boulot, c’est de dire si ça tourne.
Et ça tourne, globalement. Sur mon vieux portable de test sous Ubuntu, aucun souci. Sur le PC Windows 11 d’un client, j’ai eu un écran figé au bout de trois minutes. Évidemment. La dernière MAJ cumulative de Windows a encore décidé de jouer avec les pilotes graphiques, comme d’habitude. Rien à voir avec Ported2Browser, juste Windows qui fait du Windows.
Pourquoi les jeux navigateur reviennent en force (et ça ne me surprend pas)
Il y a dix ans, on riait doucement des jeux navigateur. On pensait que c’était bon pour les mini-jeux Facebook et les fermes à clics. Aujourd’hui, WebAssembly, WebGL et les API modernes ont changé la donne. Un DOOM dans un onglet, en 2024, ce n’est plus une blague technique, c’est une réalité de production.
Ce qui me titille, c’est la logique inverse de ce qu’on nous vend depuis quinze ans. On nous a bassinés avec le cloud, le streaming de jeux, GeForce Now et compagnie. Sauf que le streaming de jeux, ça bouffe de la bande passante comme pas permis, et dès que ta connexion tousse, tu joues à un diaporama. Ported2Browser fait l’inverse : tout tourne en local dans ton navigateur, une fois les fichiers chargés. Histoire de dire que parfois, la solution la plus simple est la meilleure.
La semaine dernière, un client m’appelle, paniqué : « Mon fils voulait jouer à Minecraft, j’ai dû installer Java, ça a cassé mon imprimante. » Voilà. C’est exactement le genre de situation où un annuaire de jeux navigateur t’évite une soirée de dépannage. Pas de Java, pas de runtime, pas de conflit de DLL. Tu ouvres un onglet, tu joues, tu fermes. Point.
- Aucune installation : zéro risque de casser une config existante
- Multiplateforme : ça tourne sous Windows, Linux, macOS, et même sur un Chromebook pourri
- Léger : pas de launcher de 2 Go qui te demande 15 Go d’espace disque
- Immédiat : tu cliques, tu joues, tu arrêtes quand tu veux
Les limites que personne ne te dira dans les articles hype
Bon. Maintenant je vais casser un peu l’ambiance, parce que c’est mon rôle. Un annuaire de jeux navigateur, aussi bien foutu soit-il, ça a des limites structurelles qu’aucune ligne de JavaScript ne réglera.
Première limite : la sauvegarde. Sur certains titres, je n’ai pas trouvé comment conserver ma progression. Tu fermes l’onglet, tu perds tout. Pour un DOOM qu’on finit en une session, ça passe. Pour un RPG un peu costaud, c’est rédhibitoire. Je ne suis pas certain que ce soit un bug ou un choix assumé, mais du coup, ça limite clairement l’usage à des parties courtes.
Deuxième limite : la manette. J’ai branché ma vieille manette Xbox sur le PC de test, et sur plusieurs jeux, rien. Pas de détection. Alors oui, le clavier-souris fonctionne, mais pour un jeu de plateforme ou un jeu de course, autant dire que c’est moyen. Il y a une histoire de Gamepad API dans les navigateurs modernes, mais visiblement, tous les titres du catalogue ne l’implémentent pas. Normal, ce sont souvent des vieux portages.
Troisième limite, et c’est la plus vicieuse : la performance varie énormément selon le navigateur. Firefox s’en sort bien. Chrome aussi, globalement. Mais j’ai testé sur un vieux Edge non mis à jour chez un client, et là, c’était la cata. Framerate au ras des pâquerettes, sons hachés. Rien de surprenant, mais ça mérite d’être dit : ton expérience dépendra beaucoup de ta machine et de ton navigateur.
Mon avis tranché sur cet annuaire (et ce que j’en ferais en atelier)
Je vais être direct : Ported2Browser, c’est un chouette projet, mais ce n’est pas la révolution que certains vont te vendre. C’est un annuaire bien fait, avec une sélection inégale, et une exécution technique honnête. Pour un usage occasionnel, une pause de dix minutes entre deux tickets, c’est parfait. Pour remplacer Steam ou GOG, non, clairement pas.
Là où je décroche avec les « experts » qui encensent ce genre d’initiative, c’est sur la question de la curation. 210 jeux, c’est un chiffre qui claque dans un titre d’article, mais dans les faits, combien valent vraiment le détour ? J’en ai testé quinze, trois m’ont accroché plus de cinq minutes. Le reste, c’était du remplissage. Un bon annuaire devrait miser sur 50 titres soigneusement choisis plutôt que sur 210 entrées dont la moitié sent le réchauffé.
Et il y a le sujet juridique, que je ne peux pas balayer d’un revers de main. Un technicien indépendant comme moi, si un client me demande de déployer ce genre d’outil sur son parc, je dois pouvoir justifier la légalité. Aujourd’hui, je ne peux pas. Trop de zones grises. Trop de titres « commercial » dont je ne connais pas le statut réel. Du coup, en atelier, je le proposerai à titre perso, jamais en déploiement pro. C’est dommage, mais c’est comme ça.
Après, faut reconnaître une chose : le boulot d’agrégation est réel. Trouver 210 jeux jouables dans un navigateur, les tester un minimum, les organiser, les rendre accessibles en un clic, c’est du travail. Mine de rien, ça rend service. Je préfère mille fois voir un gamin découvrir DOOM via Ported2Browser plutôt que de le voir claquer 60 balles dans un remake fade.
Si tu veux tester par toi-même, histoire de te faire ton propre avis sans passer par ma subjectivité de vieux technicien aigri, va voir directement la source. Le lien est en bas. Et si un jour tu tombes sur un bug bizarre, pas de panique : ferme l’onglet, rouvre-le, et dans 90% des cas, ça repart. C’est la méthode Marc, testée et approuvée sur des centaines de dépannages.
Pour aller plus loin et lancer tes premiers jeux navigateur, c’est par ici : Ported2Browser sur Korben.info.
Source : article original