Les mises à jour Windows de septembre ont encore frappé : File History est dans le mur
La semaine dernière, un client m’appelle. Panique totale. Il venait de perdre trois mois de photos de famille parce que son disque externe avait rendu l’âme, et devinez quoi ? Sa sauvegarde file history n’avait rien sauvegardé depuis début septembre. Rien. Zéro. Le vide absolu. Je lui ai demandé s’il avait touché à quelque chose, il m’a juré que non. Et il avait raison. C’est Microsoft qui a tout cassé avec ses correctifs de septembre. Encore.
Autant dire que je ne suis pas surpris. En quinze ans de dépannage, j’ai vu Windows casser à peu près tout ce qui existe : les pilotes d’imprimante, le Bluetooth, le menu Démarrer, et même le solitaire à une époque. Mais s’attaquer à un outil de sauvegarde, c’est un nouveau niveau de sadisme. Parce que là, on ne parle pas d’un curseur qui clignote bizarrement. On parle de données. Vos données.
Ce qui s’est passé exactement
Pour faire court : les correctifs cumulatifs de septembre 2026 ont introduit une régression dans le service qui gère File History. Le planificateur de sauvegarde se lance, fait semblant de travailler, puis se plante silencieusement. Pas d’erreur. Pas d’avertissement. Pas de popup rouge qui te dit « hé coco, ta sauvegarde est morte ». Non, rien. Windows fait comme si tout allait bien, et toi tu vis ta vie tranquillement en pensant que tes fichiers sont protégés.
C’est exactement le genre de bug qui me fait hurler. Un crash visible, ça se diagnostique en dix minutes. Un échec silencieux, ça se découvre le jour où tu as besoin de restaurer, c’est-à-dire le pire jour possible. J’ai eu trois cas comme ça en deux semaines. Trois. Sur une clientèle de particuliers et de petites boîtes qui ne représentent même pas cinquante machines sous ma gestion. Faites le ratio.
Je ne suis pas certain à 100 % du mécanisme interne exact — je n’ai pas le code source sous les yeux et Microsoft communique là-dessus comme un huissier un dimanche — mais d’après mon expérience en atelier, le problème vient de la façon dont le service interagit avec le nouveau module de sécurité introduit dans la MAJ. Le service tente d’écrire dans un dossier protégé, se fait refuser l’accès, et au lieu de remonter l’erreur, il abandonne en silence. Classique.
Pourquoi désinstaller les mises à jour est une fausse bonne idée (et pourquoi je le fais quand même parfois)
Le premier réflexe, évidemment, c’est de désinstaller le correctif fautif. Et techniquement, ça marche. Tu vas dans Windows Update, tu trouves le KB coupable, tu cliques sur désinstaller, tu redémarres, et File History repart comme par magie. J’ai fait ça sur deux machines la semaine dernière. Soulagement immédiat pour les clients.
Mais pour être honnête, je ne recommande pas ça comme solution durable. Pourquoi ? Parce que les correctifs de septembre contiennent aussi des patchs de sécurité. Les désinstaller, c’est rouvrir des failles que Microsoft vient de colmater. Et si vous êtes connecté à Internet — ce qui est le cas de tout le monde, sauf mon voisin qui vit encore en 1998 — vous vous exposez à des risques bien plus concrets que le bug de File History.
Les experts en sécurité vont vous dire : « Ne désinstallez jamais un correctif de sécurité. » En théorie, ils ont raison. En pratique, quand ta sauvegarde ne fonctionne plus et que tu risques de perdre dix ans de documents, tu fais un choix. Moi je désinstalle temporairement, je préviens le client, je mets en place une solution alternative, et je réinstalle le correctif dès que Microsoft publie un patch. Ce n’est pas académique, mais c’est pragmatique.
- Désinstaller le KB : solution rapide, efficace, mais temporaire et risquée
- Attendre un correctif Microsoft : sûr, mais combien de temps ?
- Passer à un autre outil de sauvegarde : la vraie solution de fond
Le vrai problème, mine de rien, c’est que Microsoft teste ses mises à jour sur des configurations théoriques, pas sur la machine de monsieur Tout-le-monde qui a un disque externe branché en USB 2.0 depuis 2016 et un antivirus tiers qui met le bazar. Du coup, on se retrouve avec des régressions que personne ne voit venir.
File History : un outil que j’ai défendu pendant des années, mais là c’est trop
Je vais être franc : j’ai longtemps conseillé File History à mes clients. C’est gratuit, c’est intégré à Windows, ça fait des sauvegardes incrémentielles sur un disque externe, et pour un particulier ou une petite structure, c’est largement suffisant. Pas besoin de sortir la grosse artillerie logicielle quand on veut juste protéger ses documents et ses photos.
Mais là, c’est la goutte d’eau. Parce que ce n’est pas le premier incident. Il y a deux ans, une mise à jour avait déjà cassé la fréquence de sauvegarde. Il y a cinq ans, c’était la restauration qui plantait sur certains profils. À chaque fois, Microsoft corrige, et à chaque fois, une nouvelle mise à jour recasse autre chose. C’est le jeu du chat et de la souris, sauf que la souris, c’est vos données.
Alors j’ai pris ma décision. Pour mes nouveaux clients, je ne propose plus File History comme solution principale. Je le laisse activé en filet de sécurité secondaire — quand il fonctionne — mais je mets en place une vraie solution à côté. Une solution qui ne dépend pas du bon vouloir d’un correctif Microsoft un mardi matin.
Ce que je recommande à la place
Il y a plusieurs options, et le choix dépend de votre profil. Pour un particulier avec un budget serré, un logiciel de sauvegarde gratuit comme Duplicati ou FreeFileSync fait très bien le job. C’est moins intégré, il faut configurer une tâche planifiée, mais au moins ça fonctionne. Et quand ça ne fonctionne pas, ça vous le dit.
Pour une petite entreprise, je pousse vers des solutions payantes mais robustes : Acronis, Macrium Reflect, ou Veeam Agent pour les cas un peu plus sérieux. Oui, ça coûte de l’argent. Mais combien coûte la perte de vos données ? J’ai vu un cabinet d’avocats perdre l’intégralité de ses dossiers clients à cause d’une sauvegarde défaillante. Le préjudice se chiffrait en dizaines de milliers d’euros. Le logiciel de sauvegarde aurait coûté deux cents euros par an.
- Duplicati : gratuit, open source, interface un peu austère mais efficace
- FreeFileSync : gratuit, parfait pour de la synchronisation simple
- Macrium Reflect : payant, images disque complètes, très fiable
- Acronis Cyber Backup : payant, solution pro complète avec cloud
- Veeam Agent : gratuit en version de base, excellent pour les PME
Autant dire que le passage d’un outil à l’autre demande un peu de travail. Il faut configurer la première sauvegarde, vérifier que tout est bien copié, tester une restauration. Mais croyez-moi, c’est trente minutes bien investies. Trente minutes qui vous éviteront de m’appeler en pleurant un jour de novembre.
Le vrai scandale : l’absence de communication de Microsoft
Ce qui me met le plus en colère dans cette histoire, ce n’est même pas le bug. Les bugs, ça arrive, même à des boîtes qui valent des milliers de milliards. Non, ce qui m’agace, c’est le silence. Aucune communication officielle claire. Pas de bandeau dans Windows Update pour prévenir les utilisateurs. Pas d’alerte dans le centre de sécurité. Rien. Juste un bug connu des forums et des techniciens, mais invisible pour l’utilisateur lambda.
Microsoft a été informé du problème dès les premiers signalements. On parle de début septembre. On est maintenant fin septembre, et toujours rien. Pas de correctif, pas de contournement officiel, pas d’excuse. Le service client répond des banalités du genre « redémarrez votre machine ». Merci, je n’y avais pas pensé.
À l’époque où je réparais des imprimantes dans une PME du coin, mon patron me disait toujours : « Un client à qui tu expliques le problème est un client qui te fait confiance. Un client à qui tu caches le problème est un client qui va voir ailleurs. » Microsoft n’a visiblement pas lu le mémo. Ou alors ils s’en fichent, ce qui revient au même.
Je ne suis pas certain que cette situation change à court terme. La tendance générale, depuis quelques années, c’est de considérer Windows comme un produit en perpétuelle évolution, où l’utilisateur est un beta testeur qui ne le sait pas. Sauf qu’un beta testeur, normalement, on le prévient. Là, on nous fait tester des correctifs de sécurité en production, et quand ça casse, on nous dit d’attendre.
Ce que vous devez faire dès maintenant
Si vous lisez cet article et que vous utilisez File History, voici ce que je vous conseille. Première chose : vérifiez immédiatement si vos sauvegardes fonctionnent. Ouvrez le panneau de configuration, allez dans File History, et regardez la date de la dernière sauvegarde. Si elle date d’avant septembre, vous êtes touché. Si elle est récente, tant mieux, mais surveillez quand même.
Deuxième chose : ne comptez pas sur Microsoft pour vous prévenir. Le bug est silencieux, il ne vous enverra aucun signal. C’est à vous de vérifier manuellement, une fois par semaine, que tout se passe bien. Je sais, c’est pénible. Mais c’est le prix à payer pour ne pas perdre vos données.
Troisième chose : mettez en place une solution de sauvegarde secondaire. Pas forcément pour remplacer File History tout de suite, mais pour avoir un plan B quand le plan A tombe en rade. Un disque externe avec une copie manuelle de temps en temps, un cloud basique, n’importe quoi qui vous évite de tout perdre. Le mieux reste évidemment une solution automatisée qui fait le travail à votre place.
Et quatrième chose : si vous êtes vraiment bloqué et que vous ne pouvez pas attendre, désinstallez temporairement le correctif de septembre. Mais notez bien la référence du KB, réinstallez-le dès qu’un correctif est publié, et ne laissez pas traîner cette situation pendant des mois. Jouer avec la sécurité de son système, ce n’est jamais une bonne idée sur le long terme.
Pour ceux qui veulent creuser le sujet et voir ce que dit la presse spécialisée, je vous renvoie vers l’article original de Korben qui a relayé l’info : Les mises à jour Windows de septembre ont cassé File History. Mine de rien, c’est grâce à ce genre de relais qu’on arrive à identifier les problèmes avant que Microsoft daigne communiquer. Alors autant soutenir ceux qui font le boulot à leur place.
Et pendant ce temps, quelque part dans un bureau de Redmond, quelqu’un valide probablement une nouvelle mise à jour qui cassera autre chose le mois prochain. C’est le cycle. On s’y habitue, à force. Mais on ne s’y résigne pas.
Source : article original