late.sh : revivez l’expérience BBS en SSH avec NetHack et ASCII art
Un truc qui m’a fait lever un sourcil l’autre jour : late.sh. Vous tapez ssh late.sh dans votre terminal, et hop, vous atterrissez dans un BBS version 2024. Pas un site web, pas une appli mobile, mais un vrai terminal SSH qui vous plonge en 1992. Avec des mecs qui cliquent en ASCII, des portes mystérieuses, et même un barman. Du coup, au lieu de passer ma soirée à configurer un serveur pour un client qui a « juste besoin d’un VPN », je me suis amusé avec. Et c’est là que les ennuis ont commencé.
Le BBS, ce bon vieux dinosaure qui refuse de crever
Pour ceux qui ont vécu l’âge d’or des BBS, late.sh c’est un peu comme retrouver un vieux pote bourré dans un bar enfumé. Pour les autres, c’est une machine à remonter le temps où tout se fait en ligne de commande, sans souris, sans icônes, sans notifications qui clignotent. Juste vous, votre clavier, et l’illusion d’être connecté à un serveur quelque part sur le globe.
Mine de rien, c’est malin. Pas de JavaScript qui pèse 2 Mo pour afficher un bouton « Like ». Pas de tracking, pas de pubs, pas de « Votre session va expirer dans 5 minutes ». Juste un terminal qui répond : « Welcome to THE LATE BAR, where the drinks are virtual and the bugs are real. »
Et le pire ? Ça marche. Une simple clé SSH fait office de carte de membre. Pas besoin de compte Twitter, pas besoin de vérifier votre identité avec un SMS. Vous tapez la commande, et vous voilà plongé dans un décor en ASCII où tout est gérable au clavier. Les flèches pour bouger, s pour vous asseoir, w pour faire coucou, et i pour parler. C’est simple, efficace, et surtout, ça fait rager tous les devs qui passent leur vie à scroller sur LinkedIn.
Au début, j’ai cru à une blague. Puis j’ai vu des gens discuter en temps réel, jouer à NetHack directement depuis leur terminal, et même le barman qui répond lorsque vous interagissez avec lui. Là, j’ai compris que Mateusz Piórowski, le dev polonais derrière le projet, avait réussi un truc rare : faire revivre une expérience qui semblait définitivement morte.
Comment ça marche ? Et surtout, pourquoi ça marche encore ?
late.sh n’est pas un service classique. C’est un serveur SSH qui expose une application en mode texte, avec des animations ASCII et des interactions basiques. Le magicien derrière tout ça ? Une combinaison de Node.js pour le backend, de quelques scripts en Bash pour gérer les interactions, et d’un moteur de rendu minimaliste pour afficher les décors.
Le plus drôle, c’est que pour un tech comme moi qui passe ses journées à dépanner des PC sous Windows qui se plantent après une MAJ, voir un truc aussi pur fonctionner aussi bien est presque déstabilisant. Pas de dépendances Docker qui explosent, pas de logs qui s’écrasent, pas de « Permission denied » parce que Bob a oublié de mettre l’utilisateur dans le bon groupe.
Du coup, je me suis penché sur le code. Et forcément, en tant que vieux routard des systèmes, j’ai repéré quelques détails techniques qui m’ont fait sourire :
- Le serveur utilise
ssh-keygenpour authentifier les utilisateurs. Pas de base de données, pas de mots de passe à réinitialiser. Juste une clé SSH qui fait office de ticket d’entrée. - Les interactions sont gérées côté client avec des séquences ANSI pour bouger le curseur, changer les couleurs, et animer les éléments. Rien de plus.
- Le jeu NetHack est intégré directement dans le BBS. Pas de conteneur, pas de VM. Juste un processus qui tourne en arrière-plan et qui se connecte au terminal.
Au final, c’est un concentré de tech old-school où tout est optimisé pour fonctionner sur à peu près n’importe quel Unix. Même mon vieux Raspberry Pi 3 qui traîne dans un tiroir depuis 2 ans pourrait faire tourner ça sans broncher. Et ça, c’est beau.
NetHack dans un BBS : le combo gagnant que personne n’attendait
NetHack, ce jeu légendaire où vous incarnez un aventurier qui meurt pour un rien, est parfait pour un environnement terminal. Pas de graphismes, pas de sons, juste des caractères qui bougent et des choix qui impactent votre aventure. Dans THE LATE BAR, vous pouvez lancer NetHack directement depuis le salon. Imaginez : un groupe de geeks discutent, un type se connecte au jeu, et soudain, tout le monde voit son personnage mourir parce qu’il a glissé sur une peau de banane. Panique générale. LOL en ASCII.
Je me souviens d’un client l’autre semaine. Il avait installé NetHack sur son PC portable sous Windows, et après trois morts consécutives en deux minutes, il a appelé en hurlant que « l’ordinateur était possédé ». Le pauvre, il n’avait même pas compris que le jeu se jouait en lignes de commandes. Avec late.sh, pas de problème de ce genre. Vous incarnez un point « @ » sur un écran noir. Point.
Le pire ? Le jeu est toujours aussi dur. Vous pouvez passer des heures à essayer de sortir de la première salle, et quand vous y arrivez enfin, vous mourrez dans l’escalier suivant. Mais c’est ça qui est fun. Pas de sauvegardes magiques, pas de cheat codes. Juste vous, votre patience, et votre capacité à lire une documentation vieille de 30 ans en anglais.
Et le barman ? Il vous sert des virtual drinks. Vous commandez une bière, et hop, un petit ASCII apparaît sur votre écran. Pas de bière réelle, mais au moins, vous ne risquez pas de finir avec un taux d’alcoolémie qui fait buguer votre clavier.
Pourquoi Windows n’a rien à faire dans cette histoire (et c’est très bien comme ça)
Écoutez, je bosse avec des machines depuis 15 ans. J’ai vu des trucs. Des MAJ Windows qui brisent des pilotes, des mises à jour qui transforment un PC en brique, des comptes utilisateurs qui disparaissent comme par magie. Alors quand je vois une application comme late.sh qui tourne sans sourciller sur un MacBook, un Linux retrogaming, ou même un vieux serveur Debian, je me dis que Microsoft a encore une fois tout raté son coup.
Windows, c’est comme un BBS qui aurait mangé trop de fast-food. Ça a l’air impressionnant de loin, mais dès que vous appuyez sur une touche, ça plante. SSH ? Oui, mais seulement si vous activez le bon paramètre dans les options obscures de PowerShell. NetHack ? Il faut d’abord installer WSL, puis configurer des permissions bizarres, puis prier pour que le terminal ne gèle pas. Avec late.sh, pas besoin de tout ça. Un terminal, une clé SSH, et c’est parti.
Et puis, mine de rien, c’est une claque dans la gueule des devs modernes qui passent leur temps à complexifier les choses. Vous voulez un jeu ? Une application sociale ? Un terminal rétro ? Bienvenue dans les années 90, où tout était simple, où ça marchait, et où vous n’aviez pas besoin de 500 Mo de dépendances pour afficher une fenêtre.
Le seul truc qui m’a un peu déçu, c’est qu’il n’y a pas de version Windows native. Mais bon, si un client m’appelle parce que son PC sous Windows 11 refuse de se connecter à late.sh, je sais déjà ce que je vais lui dire : « Installez WSL, et arrêtez de faire confiance à Microsoft pour tout. »
Comment s’y connecter, et surtout, faut-il vraiment le faire ?
La connexion est on ne peut plus simple. Ouvrez un terminal (sur Linux ou Mac, parce que bon, Windows…), tapez :
ssh late.sh
Et vous voilà dans THE LATE BAR. Pas d’inscription, pas de captcha, pas de « Veuillez accepter nos conditions d’utilisation ». Juste un message de bienvenue et un clavier qui vous attend.
Une fois connecté, vous pouvez :
- Explorer les différents salons avec les flèches ou les touches hjkl (oui, comme dans Vim, parce que les devs aiment ça).
- Parler aux autres utilisateurs avec la touche i.
- Vous asseoir à une table avec s.
- Jouer à NetHack en tapant nethack (mais préparez-vous à mourir).
- Ouvrir la porte mystérieuse marquée DOORS pour explorer ce qu’il y a derrière.
Après avoir testé pendant une soirée, mon avis est sans appel : c’est addictif. Pas parce que c’est révolutionnaire, mais parce que c’est rafraîchissant de voir un truc aussi vieux fonctionner aussi bien. Pas de bugs, pas de latence, pas de frustration. Juste une expérience pure, sans fioritures.
Est-ce que ça va remplacer Discord ? Non. Est-ce que ça va sauver le monde ? Non. Est-ce que c’est plus fun que scroller sur TikTok ? Oh que oui.
Et si on recréait notre propre BBS ?
Après avoir joué avec late.sh, je me suis dit : « Mais pourquoi ne pas en faire un nous aussi ? ». Et puis je me suis souvenu que j’ai un client qui a un serveur qui traîne depuis 2010 et qui fait tourner un vieux forum PHPBB. Du coup, l’idée m’a traversé l’esprit. Un BBS maison, avec des salons, des jeux, et peut-être même un épisode de NetHack intégré.
Le problème, c’est que monter ça de A à Z prendrait du temps. Il faudrait gérer les connexions SSH, écrire un moteur de rendu en ASCII, intégrer un jeu… Bref, tout ce que late.sh fait déjà très bien. Alors au lieu de réinventer la roue, pourquoi ne pas contribuer au projet existant ? Après tout, Mateusz Piórowski a ouvert son code quelque part sur GitHub (même si je ne l’ai pas encore trouvé).
En attendant, je vais proposer ça à un de mes clients. Il a un vieux serveur Linux qui dort dans un placard, et il cherche toujours des idées pour l’utiliser. Un BBS maison, ça pourrait être marrant. Et puis, si un jour Windows décide de tout casser avec une MAJ, au moins, je pourrai toujours me connecter en SSH depuis mon terminal et rigoler en regardant les autres geeks galérer avec leur système d’exploitation.
Pour être honnête, je ne suis pas sûr que ça devienne grand public. Mais c’est exactement ce qui fait son charme. Pas de publicité, pas de modèle économique, pas de « engagez-vous à nous suivre sur nos réseaux ». Juste une expérience brute, comme au bon vieux temps.
L’avenir des BBS : un retour en grâce ?
Dans un monde où tout se virtualise, où les interfaces deviennent de plus en plus complexes, où même un clic peut déclencher une cascade de dépendances, late.sh est un retour aux sources. Un retour à l’essentiel. Pas de tracking, pas de SPAM, pas de notifications intrusives. Juste une connexion directe, un terminal, et une communauté qui discute en temps réel.
Est-ce que ça va remplacer Slack ? Non. Est-ce que ça va tuer Discord ? Non. Mais ça montre qu’il existe encore des alternatives simples, efficaces, et surtout, respectueuses de l’utilisateur. Et ça, c’est rare en 2024.
Après tout, pourquoi se prendre la tête avec des applis modernes quand on peut avoir une expérience aussi directe ? Pas de bugs de synchronisation, pas de problèmes de compatibilité, pas de « L’application n’est pas disponible dans votre pays ». Juste un serveur SSH qui attend sagement que vous tapiez votre commande.
Alors, prêt à revivre l’expérience BBS ? Ouvrez votre terminal, connectez-vous à late.sh, et plongez dans THE LATE BAR. Ou alors, faites comme moi : installez-le sur votre vieux serveur qui traîne, et invitez vos potes à venir discuter. Et si jamais quelqu’un vous demande « Mais à quoi ça sert ? », répondez simplement : « À rien. Et c’est parfait comme ça. »
Pour aller plus loin : lien et ressources
Si le sujet vous a intéressé, vous pouvez essayer late.sh directement en tapant :
ssh late.sh
Le projet est open source, alors si vous voulez bidouiller, c’est par ici : late.sh sur GitHub.